Quand trois ministres partent en couille. Dhoulkamal, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Houmeid Msaidié, Ministre de l’Agriculture porte-parole du gouvernement, Djae Ahamada Chanfi, Ministre de la Justice.
Que ce se passe-t-il au sein du gouvernement d’Azali Assoumani ? Telle est la question qui circule dans la bouche de milliers des Comoriens. Une nouvelle forme de trahison se dessine au moment même du procès de l’ex-président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2010) de l’Union des Comores pour haute trahison.
Prélude de l’histoire
Pour la première fois dans l’histoire du pays, un président de la République doit répondre de ses actes devant la justice de son pays. Une nouvelle phase s’ouvre au tribunal de Moroni et cela entre dans les annales juridiques de notre pays.
L’affaire a lieu le 10/09/2022, pendant que le juge d’instruction rend son ordonnance aux fins de non-lieu devant la cour de sûreté de l’État. À notre grande surprise, trois ministres de ce gouvernement veulent sauter sur l’occasion pour soit (1) l’affaire soit bâclée, soit (2) pour sauver le deuxième homme clé du procès, l’homme d’affaires franco-libanais Muhammad Bashar Kiwan.
Ce dernier a fait la UNE chez notre chaîne consœur de Mayotte 1er en mettant en avant qu’il a été approché pour témoigner contre l’ancien président Sambi, en échange de l’abandon des poursuites à son encontre.
Selon une source digne de foi, l’homme d’affaires franco-libanais a tenté à plusieurs reprises d’approcher les autorités sur place en l’occurrence le chef de l’État Azali Assoumani. Celui-ci ayant toujours rejeté les contacts de ses émissaires.
Toutefois, cette fuite d’information s’invite aux oreilles de certains membres du gouvernement, les poussant à mettre la main dans la patte. Une danse de lion se joue entre les ministres du gouvernement à savoir Dhoulkamal, Djaé et Houmed. Chacun s’autosaisit de l’affaire en utilisant le statut du ministre, pour– on ne le saura peut-être jamais – extorquer Bashar, en multipliant les négociations et les rendez-vous. Ce scandale n’est pas le fruit du hasard, mais bien une succession d’affaires louches qui a fini par éclater au grand jour.
L’entrée en matière des 3 artistes
- Msaidé occupait le poste du ministre de l’Intérieur à l’époque dite de Mamadou, où le gouvernement continuait d’imprimer – dans le cadre du programme de la citoyenneté économique – les passeports de Semlex, au bénéfice de Kiwan et Albert.

Ils se basait à l’époque sur un accord secret couvrant la vente de 15 000 passeports moyennant la modique somme de 10 000 dollars l’unité. Ce qui veut dire que la probité de Msaidé dans cette affaire, laisser à désirer. Les deux amis se connaissent de longue date et on chacun déjà travailler l’un pour l’autre.
- Quant à Djae Ahamda Chanfi, souvenez-vous, c’est le même qui a été financé par le même Monsieur Kiwan pendant les élections législatives qui lui ont mené au poste de vice-président à l’Assemblée nationale. Tout ceci selon un accord passé entre les deux (contre soutien pour le vote de la loi portant citoyenneté économique) où Mouigni Baraka Saïd Soilihi était témoin.

Le parti orange, à l’époque composée de Mouigni Baraka et de Mohamed Daoud kiki souhaitent créer une vague d’orange à l’Assemblée nationale afin de préparer peut-être, un retour aux affaires de l’homme d’affaires franco-libanais. Mais le plan a échoué. Raison pour laquelle aujourd’hui Monsieur Djaé est rattrapé par le passé.
- Notre ministre des affaires étrangères a quant à lui tout simplement été invité à « manger » par Bashar Kiwan dans un séjour tous frais payés à Paris (sa réservation d’hôtel a été réglée par la carte bancaire de Kiwan en date du 26 octobre 2022).
Il semblerait qu’au cours de leur échange, le ministre Dhoulkamal a fait fort en montrant à Kiwan un faux document de grâce, n’ayant aucune valeur juridique. Celui-ci dans le but sans doute, d’extorquer quelques billets à Bashar. Ce document est une preuve de plus de sa malhonnêteté et n’engage que lui. En échange de ce séjour de rêve, il a également plaidé devant Bashar pour que celui-ci l’aide à trouver les voies et moyens pour régler une bonne fois pour toutes, son problème avec la sécurité sociale française pour que soit levée de façon définitive les accusations (réels) de détournement de l’argent du contribuable français. Une affaire qui a jeté beaucoup d’encre et qui continue de salir le gouvernement comorien.

Leurs faux aveux sur les réseaux sociaux, ne réussiront pas effacer ce que beaucoup considèrent comme une trahison. Au contraire, cela n’a servi qu’à mettre de l’huile sur le feu. Mais quel malheur ! Msaidé est allé plus loin en disant, je cite « ce n’était pas du tout mon écriture » fin de citation. L’autre (Dhoulkamal) je cite : « j’avais faim il n’a fait que m’inviter à manger ». La pagaille est totale. Quant à Djaé, il reste motus bouche cousu, même après avoir été questionné sur l’affaire au cours d’une conférence de presse le lundi 28/11/22. Inalilahi.
La situation actuelle de Bashar
Si aujourd’hui Monsieur Kiwan est en France, c’est parce que la France comme bon nombreux pays du monde refuse d’extrader ses ressortissants dans un pays étranger pour qu’ils y soient jugés.
En effet, au Kuwait – pays dont Bashar est détenteur de la nationalité – une montagne de dossier judiciaire attend le sulfureux homme d’affaires, dont celui du programme de la Citoyenneté économique où les Comores se constituent partie civile.
Semlex dans tout ça
La société belge SEMLEX est connue en Europe et ailleurs pour ses nombreux scandales dus aux documents biométriques (passeport CNI, etc.).
En envoyant des avocats pour défendre Sambi, tout le monde a d’abord cru en la loyauté et à la nostalgie sans faille de ce compagnon d’arme de Sambi. Mais après la première séance du procès, on a vite compris que les « Maîtres » Mahamoud Ahamada et Fahami Said Ibrahim n’ont rien compris du deal et des intentions qu’avaient ces « imminents » avocats.

Leur objectif était clair : faire en sorte que le procès n’ait pas lieu. D’une part, pour que le nom de SEMLEX ne soit jamais énoncé et d’autre part, pour éviter toute éventuelle condamnation de la société belge (SEMLEX) pour tous ses abus, dans le cadre du programme de citoyenneté économique des Comores.
De fait, l’ancien Président avait perdu son procès d’avance, pas parce que les dés étaient pipés, mais bien parce qu’il a fait l’erreur d’accepter l’offre à ces « imminents » avocats au bout de seulement quelques heures d’un procès qu’il avait pourtant attendu pendant 4 longues années.
À cette heure-ci, les avocats belges ont fait leur job avec brio. Pendant ce temps-là, Mahamoud et Fahmi continuent leurs blablas politiques (pour se donner une envergure nationale et gratter la sympathie de Juwa) dans les médias locaux et les réseaux sociaux.